Protections hygiéniques

Quand les règles font leur entrée au parlement

Le 11 février dernier, Laëtitia Romeiro Dias (LREM) et Bénédicte Taurine (LFI) ont déposé un rapport parlementaire de 107 pages contenant pas moins d’une quarantaine de recommandations sur un sujet rarement discuté dans l’hémicycle : les menstruations. L’objectif : faire en sorte que les règles deviennent moins génératrices d’angoisses et de souffrances pour les femmes.

Pour une évolution des mentalités

Selon les auteurs du rapport, les règles demeurent un sujet tabou en société, alors qu’elles concernent la moitié de la population. Pire encore, il reste des croyances populaires négatives qui se sont attachées aux règles à travers le temps et que l’on se doit de briser une fois pour toute. Comment peut-on encore penser en 2020 que les règles, c’est sale ? Questionne d’ailleurs l’une d’elles.

Heureusement, aujourd’hui, les mœurs évoluent, mais toujours trop lentement selon le rapport. L’offre-produit évolue elle aussi pour s’adapter à la nouvelle génération. Tampons bio sont maintenant disponibles sur le marché, sans parfums et sans produits toxiques.

Mais il reste toujours une grande méconnaissance du sujet et les clichés ne font que rendre la discussion plus confuse. Au final, ce sont trop souvent les jeunes filles qui en paient le prix par des angoisses et des souffrances psychologiques et physiques. Les deux députées veulent donc mettre fin à ces tabous afin d’améliorer la situation actuelle pour toutes les femmes.

47 propositions

Ce sont donc 47 propositions qu’ont déposées Laëtitia Romeiro Dias et Bénédicte Taurine dans leur rapport au parlement. Ces deux députées sont aussi membres de la délégation parlementaire aux droits des femmes. Le document est séparé en deux axes dont le premier objectif est de développer de meilleures campagnes d’informations sur les menstruations, spécialement pour l’école.

Aujourd’hui, les règles sont discutées en classe seulement à partir de la 4e. Cependant, les filles commencent leurs règles de plus en plus tôt, souvent en CM2 ou en 6e, et donc, le traitement du sujet à l’école, arrive trop tard. Bien que certains parents discutent de tels sujets avec leurs enfants, ce n’est pas le cas pour tous. Si une jeune fille a ses premières règles sans en avoir discuté avec qui que ce soit, ce pourrait être un moment d’inquiétude profonde que vivra l’enfant qu’il faut à tout prix éviter.

Puisqu’il ne connaisse pas ou très peu le sujet, les jeunes filles ont souvent une méconnaissance des produits hygiéniques qui doivent être utilisés et leurs variétés, tels que les nouveaux tampons bio. Résultat : elles gardent les tampons ou serviettes trop longtemps et sont ainsi plus sujettes à des infections à répétition, selon le rapport.